Province du Manitoba | Le lieutenant-gouverneur du Manitoba
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Le lieutenant-gouverneur du Manitoba

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Historique

Historique de la réception du jour de l’An

La réception annuelle du jour de l’An organisée par le Gouverneur général, le lieutenant-gouverneur, les établissements militaires, les municipalités et autres institutions a des origines inusitées et intéressantes.

En anglais, elle porte le nom de « Levée », un dérivé du verbe français « lever » (au sens de se lever du lit), tirant ses origines du lever du roi instauré par Louis XIV (1643 – 1715). Le souverain avait l’habitude de recevoir ses sujets masculins dans sa chambre à coucher dès son réveil. Cette pratique a ensuite été adoptée par des souverains de l’ensemble de l’Europe.  

La tradition a traversé la Manche au 18e siècle pour devenir, en Angleterre et en Irlande, une assemblée (réception) officielle de la Cour, donnée par le souverain ou son représentant le midi ou en début d’après-midi, à laquelle seuls les hommes étaient conviés.

Dans les colonies du Nouveau Monde, la réception était organisée par le gouverneur au nom du souverain. Parce que les colons vivaient loin les uns des autres et loin du siège du gouvernement, la réception annuelle était un événement très important et les dirigeants de villages et dignitaires publics devaient s’y rendre.

C’est au Canada que la réception est devenue liée au jour de l’An. La tenue d’une réception par le Gouverneur général et les lieutenants-gouverneurs le jour de l’An ne perpétue pas le précédent créé par le souverain qu’ils représentaient, mais plutôt une ancienne coutume locale, datant d’avant la traite des fourrures. Les commerçants de fourrures avaient l’habitude de venir présenter leurs hommages au représentant du gouvernement, le maître du fort, le premier jour de l'année.
La première réception de ce type au Canada remonte au 1er janvier 1646 au Château Saint-Louis. Elle a été organisée par Charles Huault de Montmagny, gouverneur de la Nouvelle-France (devenue le Québec) de 1636 à 1648. À cette occasion, le gouverneur a serré la main et souhaité la bonne année aux citoyens qui se sont rendus au Château, leur a parlé des événements importants survenus dans la mère patrie et de la situation dans la colonie. (Cette tradition se poursuit aujourd'hui dans le Commonwealth sous forme de Message du Nouvel An de la Reine. Le discours sur l’état de l’Union prononcé par le président des États-Unis a les mêmes origines, bien qu’il n’ait pas lieu au jour de l’An). En retour, les colons devaient réitérer leur allégeance à la Couronne.

La tradition de la réception a été maintenue par les gouverneurs des colonies britanniques du Canada, puis par les Gouverneurs généraux et les lieutenants-gouverneurs, et elle se perpétue à ce jour. On appelle encore parfois « Levées » les réceptions données par le président des États-Unis; cependant, au fil des ans, le mot est devenu presque uniquement associé à une tradition canadienne.

Aujourd’hui, le mot « levée » décrit en anglais les réceptions données (souvent, mais pas toujours le jour de l’An) par le Gouverneur général, le lieutenant-gouverneur d’une province, les forces armées ainsi que d’autres groupes, pour marquer la nouvelle année et donner au public l’occasion d’offrir ses hommages.

La réception du jour de l’An est une tradition de longue date dans les forces armées canadiennes. Dans le passé, c’était les commandants postés à travers le vaste territoire canadien qui organisaient cet événement, car à titre d’officiers commissionnés, ils agissaient au nom de la Couronne pour de telles occasions.

Encore aujourd’hui, les membres de plusieurs unités des Forces canadiennes de partout au Canada reçoivent et accueillent des militaires visiteurs et des civils invités dans l’esprit convivial du jour de l’An.

Les rafraîchissements étaient un élément important des festivités du nouvel an. Un rapport de la réception du jour de l’An tenue à Brandon House au Manitoba en 1797 donnait les précisions suivantes : « …le matin, les Canadiens (hommes de la Compagnie du Nord-Ouest) ont salué par des tirs d’artillerie. La maison s’est ensuite remplie d’hommes qui ont reçu un dram chacun. » Le Athabasca Journal de Simpson rapporte que le 1er janvier 1821, « les célébrations de la nouvelle année ont commencé à quatre heures du matin, avec un tir d’artillerie. Une demie heure plus tard, tous les membres de notre garnison se sont assemblés dans le hall vêtus de leurs meilleurs habits. Ils ont été récompensés comme il se doit par quelques flacons de rhum et des gâteaux. Quelques rations de bison leur ont été servies, avec une pinte d’eau-de-vie par homme. »
Dans les mess militaires, l’hospitalité prend plusieurs formes : le moosemilk (le rhum étant souvent substitué au whisky), le punch flambé des Royal Canadian Hussars de Montréal – une autre mixture léguée au régiment par l’ancienne 1st Motor Machine Gun Brigade, qui prenait un mois à préparer – le célèbre Athole Brose, mélange d’avoine, de miel et de whisky des Seaforth Highlanders of Canada, de Vancouver.

Historiquement, la réception était surtout destinée aux hommes puisque, comme nous l’avons dit, elle tire ses origines du lever du roi. La coutume s’est maintenue, d’une part en raison des pratiques sociales des débuts de la colonie et d’autre part, parce que l’événement étant abreuvé de grandes quantités de rhum et autres spiritueux, il pouvait devenir tapageur.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les femmes officiers des Forces armées ont pris part à la réception et depuis, l’événement n’est plus strictement réservé aux hommes.

La réception a évolué depuis les célébrations tapageuses des premiers temps, et il s’agit maintenant d’un événement posé qui permet de rendre visite aux représentants du souverain, aux militaires et aux gouvernements municipaux, pour échanger des vœux, renouer d’anciens liens et faire de nouvelles rencontres dans une atmosphère conviviale. La réception permet également de faire un retour en arrière sur l’année terminée et d’accueillir les défis et occasions qu’apportera le nouvel an.

Le premier lieutenant-gouverneur du Manitoba, l’Honorable Adams Archibald, a tenu une réception à Upper Fort Garry le 6 septembre 1870, quelques jours après son arrivée dans la province, pour rencontrer la population. Cet événement était le premier de nombreuses rencontres sociales présidées par les lieutenants-gouverneurs du Manitoba.

Le lieutenant-gouverneur Archibald a tenu la première réception du jour de l’An le 2 janvier 1871 à Upper Fort Garry, où il avait établi sa résidence. La construction de la résidence du lieutenant-gouverneur au 10, rue Kennedy a été achevée à l’automne 1883 et c’est en 1884 que la réception du jour de l’An y a eu lieu pour la première fois, présidée par le quatrième lieutenant-gouverneur du Manitoba, l’Honorable James Aikins.

La réception de 1884 a commencé à 16 heures et a duré plus de deux heures. Le premier ministre John Norquay et les ministres du cabinet C.P. Brown et A.A.C. LaRivière secondaient le lieutenant-gouverneur et Mme Aikins. Aux membres du grand public présents s’ajoutait un certain nombre d’invités de marque; le consul américain James Wickes Taylor et l’archevêque Robert Machray comptaient parmi ceux qui ont présenté leur carte de visite avant de se joindre à la réception. La table principale de la salle à manger était dressée et garnie de plats de dinde, de poules sauvages, de perdrix, de canard, de gibier et d’autres mets pour le régal des convives.
Avec les années, la réception attirant un nombre de plus en plus important de citoyens, elle ne pouvait plus avoir lieu à la résidence du lieutenant-gouverneur. Depuis 1971, la réception publique du jour de l’An a lieu dans les corridors plus spacieux du Palais législatif où Ses Honneurs accueillent leurs invités.

La réception principale continue d’avoir lieu le 1er janvier à Winnipeg, la capitale provinciale, mais le lieutenant-gouverneur préside également des réceptions dans les collectivités rurales pendant le reste de l’année.

En mai 2008, l’Honorable John Harvard a décidé de tenir la réception publique pendant la fin de semaine de la fête de Victoria, le temps plus clément permettant alors de tenir l’événement à l’extérieur. Environ 800 personnes y ont participé, dans les jardins de la résidence du lieutenant-gouverneur. On pouvait visiter la maison vieille de 125 ans, prendre un rafraîchissement et profiter des divertissements.

Le 1er janvier 2010, l’Honorable Philip Lee a repris la tradition voulant que la réception du jour de l’An ait lieu au Palais législatif du Manitoba.